Comité de quartier
du Bempt
Commune de Forest
Bruxelles

MANIFESTATION PIJAMA À DROGENBOS
SUR LE SITE OÙ VLABRAVER
ESPÈRE ENCORE POUVOIR INSTALLER UN INCINÉRATEUR

Après le jugement de Bruxelles en 1er instance, associant le refus du permis de bâtir l'incinérateur de Drogenbos à celui du permis d'environnement, Vlabraver se retrouve à la position de départ.

En bref la société Vlabraver devrait recommencer toute la procédure à zéro si son Président, Cyrille Van Mellaert (SP) persiste dans son projet criminel.

Ce 4 avril à 20 H 15 une centaine de personnes, la plupart en tenue de nuit, sont venues manifester leur vigilance face à toute reprise des hostilités juridiques par Vlabraver qui a déjà dépensé 44 millions en frais d'avocats...

De nombreux comités de quartier ucclois et forestois, d'Anderlect et de Drogenbos étaient présents dont le Bourgmestre Mr Calmijn qui prit la parole pour féliciter et encourager les 4 comités francophones et néérlandophone engagés dans la bataille juridique.

Accompagnement musical, calicots, allocutions, tentes de réception, verres de l'amitié ont créés une ambiance festif pleine de bonne humeur aux milieu des flambeaux et des danses. Plus que jamais les 4 comités sont prêts à faire front devant Vlabraver. Ci-dessous quelques photos avec commentaires pour mémoriser cette soirée qui dit NON définitivement à l'incinérateur de Drogenbos.

Pierre Piérart


Comment expliquer cet acharnement
des citoyens contre cet incinérateur ?

C'est sans doute une première ! depuis 5 ans, de simples citoyens, groupés en 4 comités, de chaque côté de la frontière linguistique, tiennent tête à de grands groupes financiers, à des politiciens, souvent peu au courant des problèmes de santé qui découlent de l'exploitation d'un incinérateur de déchets ménagers, et qui ont décidé (sans connaissance de cause) de continuer d'appliquer d' anciennes techniques dépassées à l'élimination de nos déchets. Qu'en est-il de ce four à grille qu'on veut nous imposer ? « C'est un héritage technologique des fours énergétiques qui fonctionnaient au charbon » dans le but de produire de l'énergie thermique.

Puisqu'on admet maintenant en Belgique, et en France (10 ans après les PAYS-BAS) que les incinérateurs anciens sont très polluants et portent atteinte la santé des habitants, on procède à la fermeture des « vieux » souvent de petite capacité pour les remplacer par des « nouveaux » mega-incinérateurs, ceux-là tout à fait performants !

Une solution de « mise aux normes » est également appliquée pour certains qu'on équipe de « lavage de fumées ».

Qu'est-ce sinon une épuration des fumées au moyen d'une injection d'eau et de réactifs comme la soude. La concentration des pollutions ne se fait plus dans la fumée rejetée par la cheminée, mais se concentre dans les gâteaux et dans les sels. On déplace donc le problème. Les résidus (filtrat et boues hautement toxiques) du traitement des déchets dans ces installations sont stockées dans des décharges qui seront laissées aux générations futures.

On peut attirer l'attention des politiciens sur la norme et citer le Docteur Pluygers : « Toutes les normes utilisées ne sont pas scientifiques. Ce sont des normes de convention, le résultat de négociations au sein de ce grand machin qu'est l'Organisation Mondiale de la Santé ». Il y a quelques années l'O.M.S avait fixé la dose « admissible » de dioxine à 10 pg/kg/j. Plus récemment l'OMS a revu ce chiffre à la baisse. Il estime désormais que cette dose ne doit pas dépasser 1 pg (c'est à dire 1O fois moins !). Mais il faut s'interroger lorsque l'on voit que les E.U. et le Canada ont fixé la barre respectivement à DJA 0,07 et 0,0066 pg.

Il faut bien avoir à l'esprit que de toute manière, tout ne part pas en fumées en brûlant nos déchets dans un incinérateur avec fours de l'ancienne génération.

Il reste 1/3 constitués de machefers et de cendres. A titre d'exemple, à l'incinérateur de Neder on fait transporter par péniches chaque semaine 2.600 tonnes de machefers, pour être « entreposés » dans des décharges.

Il a été prouvé par certains scientifiques que ces machefers contiennent des métaux lourds et même encore des dioxines ! Ceci n'empêche pas, comme vous avez pu sans doute dernièrement le voir lors d'un reportage, à France 2, que dans le département de la Meuse en France, on a cru bon d'employer ces machefers pour les répandre sur des chemins forestiers. Ceci à été dénoncé par Pierre-Emmanuel Neurohr et Gérard Herisson du CNIID (Coordination nationale contre l'incinération et l'importation des déchets).

Nous sommes donc des citoyens déterminés à continuer à nous opposer à cet incinérateur qu'on veut nous installer à Drogenbos. Après nos trois victoires citoyennes (nos plaintes aux Communautés Européennes, la suspension puis l'annulation du permis de construire au CONSEIL d'ETAT, l'arrêt des travaux entrepris pour la construction des quais) nous avons avec nos amis LEEUWSE NARTUURVRIENDEN la commune de DROGENBOS et l'I.B.G.E. gagné au Tribunal de 1ère instance. Le 29 mars dernier, le juge a estimé que la société Vlabraver ne dispose plus d'un permis d'environnement, puisque le permis de bâtire a été annulé par le Conseil d'Etat. Il interdit à la société Vlabraver tout acte tendant à la construction ou a l'exploitation de cet incinérateur, sous peine d'une astreinte de 300.000 francs par jour (100.000 par requérant).

La société Vlabraver décide immédiatement d'interjeter appel contre ce jugement, estimant que le juge à interprété de manière erronée la législation flamande.

Une annulation d'un permis par le Conseil d'Etat ne peut pas être considérée comme une annulation définitive estime les avocats de Vlabraver.

Ayant déjà engagé la modique somme de 443 millions de francs (dont 40 millions pour les avocats) la société Vlabraver persiste et signe !

Nous aussi, et c'est a celui qui tiendra le coup le plus longtemps !

Liliane Staner


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