Comité de quartier
du Bempt
Commune de Forest
Bruxelles

Risques et préjudices
graves et difficilement réparables
pour une exploitation agricole biologique
installée à proximité d'une source polluante



1. Les milieux oligotrophes sont particulièrement vulnérables vis-à-vis des polluants en général.

Les milieux oligotrophes, c'est-à-dire pauvres en éléments minéraux -dont dépendent les végétaux pour leur alimentation-, sont particulièrement vulnérables vis-à-vis des polluant de toutes catégories (métaux lourds, radionucléides, herbicides, insecticides. fongicides, polychlorobiphényles, dioxines, furanes, ... ). Les cultures riches en éléments nutritifs (engrais Azote, Phosphate, Potassium) sont beaucoup plus résistantes à la pollution que les cultures biologiques qui s'apparentent aux milieux oligotrophes (forêts et landes sur sols pauvres).

Dans une culture biologique l'accumulation de polluant minéraux et organiques sera beaucoup plus importante que dans une culture industrielle fortement chargée en engrais. Tout se passe comme si les cellules et les tissus des communautés vivantes installées sur des milieux pauvres présentaient un grand nombre de récepteurs de membrane non saturés et susceptibles de capter les métaux lourds et les organochlorés plus rapidement que dans un environnement saturé en nutriments.

Les engrais (comme l'iodure de potassium vis-à-vis de la thyroïde) constituent une protection pour les cellules grâce à la compétition entre les éléments d'une même série pour les sites récepteurs. Un simple observateur pourra constater les effets catastrophiques exercés par une source polluante (métaux lourds par exemple) sur la végétation naturelle alors que les prairies amendées et les cultures pourvues d'engrais se portent à merveille (ex. Tertre, Pardon, Breemdonk, etc...).

2. Concentration des polluants le long de la chaîne alimentaire

La chaîne alimentaire est constituée par la biomasse végétale, consommée par les herbivores eux-mêmes servant de nourriture aux carnivores y compris l'homme. A chaque niveau de la chaîne trophique les produits toxiques se concentrent dans les tissus accumulateurs spécifiques (muscles, organes, sang, tissus adipeux, os, ...). Les coefficients d'accumulation varient en fonction de la molécule toxique et de la cellule réceptrice. L'on peut facilement évaluer la concentration énorme qui peut être atteinte au sommet de la pyramide des communautés vivantes (végétaux, herbivores, carnivores de 1er ordre, de 2ème ordre, de 3ème ordre).

A chaque niveau de consommation (végétal consommé par un herbivore, lui-même consommé par un carnivore, ...) la réduction de la biomasse est importante ( 13 kg de végétaux pour 1 kg de boeuf) et les pertes de polluants par dégradation ou excrétion sont faibles. Ces réductions de la biomasse provoquent une augmentation considérable de la concentration du polluant par kilo de tissus du niveau supérieur. C'est ainsi que la concentration en dioxines dans le lait maternel est nettement supérieure à celle du lait de vache (concentration plus de 5 fois supérieure). Il faut en outre tenir compte que les organochlorés s'accumulent dans les tissus adipeux.

3. Conclusions

L'agriculture biologique située aux environs d'une source polluante de quelque nature que ce soit est extrêmement fragile et vulnérable:

L'étude d'incidence n'a pas pris en compte ces remarques de même que les effets synergiques évidents et catastrophiques qui s'exercent au sommet de la pyramide des systèmes oligotrophes. En ce qui concerne les organochlorés (Dioxines, Furanes et Polychlorobiphényles) l'intoxication par voie alimentaire est plus importante que par inhalation.

Prof. Pierre Piérart


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